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Hypertension artérielle : quelles sont les causes ?

L’hypertension artérielle touchait 1,4 milliard de personnes dans le monde en 2024 selon le rapport mondial de l’OMS publié en 2025, et 22 % des adultes de 18 à 79 ans en France d’après le Baromètre 2024 de Santé publique France. Mais pourquoi la tension monte-t-elle ? Dans 90 à 95 % des cas, on ne trouve pas de cause unique : c’est ce qu’on appelle l’hypertension essentielle. Plusieurs facteurs se combinent, certains qu’on ne contrôle pas, d’autres sur lesquels on peut agir directement.

L’essentiel
  • Dans 90 à 95 % des cas, l’hypertension est dite essentielle : pas de cause unique, mais un cumul de facteurs
  • Les 5 à 10 % restants relèvent d’une hypertension secondaire, liée à une maladie identifiable et parfois curable
  • Facteurs qu’on ne change pas : hérédité, âge, sexe
  • Facteurs sur lesquels on agit : sel, sédentarité, poids, alcool, tabac, stress, manque de potassium
  • Cumuler plusieurs leviers d’hygiène de vie peut faire baisser la tension de 10 à 15 mmHg

Facteurs de risque de l'hypertension

HTA essentielle et HTA secondaire : la distinction clé

Avant de détailler les causes, il faut comprendre qu’il existe deux grandes catégories d’hypertension.

L’hypertension essentielle, ou primaire, représente environ 90 à 95 % des cas. Aucune maladie sous-jacente ne l’explique à elle seule : c’est la combinaison de facteurs génétiques, de mode de vie et d’environnement qui fait grimper la pression au fil des années.

L’hypertension secondaire concerne les 5 à 10 % restants. La tension est élevée à cause d’une pathologie identifiable : maladie rénale, trouble endocrinien, apnée du sommeil, ou prise de certains médicaments.

La distinction n’est pas théorique. Quand on traite la cause d’une HTA secondaire, la tension peut redevenir normale. C’est pour cette raison que les recommandations ESC 2024 insistent sur un bilan étiologique chez les sujets jeunes ou en cas de résistance au traitement.

Les causes de l’hypertension essentielle

Ce qu’on ne peut pas changer

L’hérédité. La prédisposition familiale est le facteur non modifiable le plus documenté. Avoir un parent hypertendu augmente nettement le risque, en avoir deux le double. Plusieurs gènes interviennent dans la régulation du sodium par le rein, dans le tonus des vaisseaux et dans la réponse au stress, mais aucun gène unique ne cause l’hypertension : c’est une maladie polygénique. Concrètement, une histoire familiale chargée ne condamne à rien, elle justifie simplement de surveiller sa tension plus tôt.

L’âge. Après 50 ans, les artères perdent progressivement leur élasticité. Les parois se rigidifient, la pression systolique monte et l’écart avec la diastolique se creuse. C’est ce qui explique la fréquence de l’hypertension systolique isolée chez les seniors. Ce vieillissement vasculaire est naturel, mais il s’accélère chez les fumeurs, les diabétiques et les sédentaires.

Le sexe et les hormones. Avant la ménopause, les femmes sont un peu moins touchées que les hommes, probablement grâce à l’effet protecteur des oestrogènes sur la souplesse artérielle. Après la ménopause, la prévalence rejoint celle des hommes, puis la dépasse aux âges élevés.

Ce sur quoi on peut agir

C’est ici que se joue l’essentiel. Les recommandations ESC 2024 et l’OMS convergent sur les mêmes leviers.

Une alimentation trop salée. L’OMS recommande de ne pas dépasser 5 g de sel par jour, soit 2 g de sodium. Les Français en consomment nettement plus. Ce surplus favorise la rétention d’eau, augmente le volume sanguin et fait monter la pression. Chez une personne déjà hypertendue, réduire le sel fait baisser la systolique d’environ 5 mmHg, ce qui n’est pas négligeable.

Le piège, c’est que l’essentiel du sel ingéré ne vient pas de la salière : il est déjà dans le pain, la charcuterie, les fromages, les plats préparés et les sauces. Réduire le sel, c’est d’abord relire les étiquettes.

La sédentarité. Le manque d’activité physique est un facteur de risque cardiovasculaire à part entière. Une activité régulière, 30 minutes de marche rapide, de vélo ou de natation au moins trois fois par semaine, fait baisser la tension de 4 à 9 mmHg chez les sujets sédentaires. L’exercice améliore la souplesse des artères, aide à contrôler le poids et réduit le stress.

Le surpoids et l’obésité. Un excès de poids accroît le travail du coeur, qui doit pousser le sang dans un réseau vasculaire plus étendu. La graisse abdominale favorise en plus l’insulinorésistance et l’inflammation chronique, deux mécanismes qui aggravent l’hypertension. Chaque kilo perdu fait baisser la tension d’environ 1 mmHg : sur 5 ou 10 kilos, l’effet devient significatif.

L’alcool. Au-delà de deux verres par jour, l’alcool stimule le système nerveux sympathique et élève la pression de façon dose-dépendante. La relation est à peu près linéaire : plus on boit, plus la tension monte. Réduire sa consommation a un effet mesurable en quelques semaines.

Le tabac. Chaque cigarette provoque un pic de tension par vasoconstriction immédiate liée à la nicotine. Sur le long terme, le tabagisme abîme l’endothélium, la paroi interne des artères, accélère l’athérosclérose et aggrave la rigidité artérielle. Un fumeur hypertendu cumule deux facteurs de risque qui se renforcent l’un l’autre.

Le stress chronique. Le stress aigu fait monter la tension ponctuellement, via l’adrénaline et le cortisol. Quand il devient chronique, pression au travail, troubles du sommeil, anxiété, ces montées se répètent et finissent par maintenir la pression à un niveau élevé. Le stress pousse aussi vers des comportements à risque : grignotage, alcool, sédentarité.

Le manque de potassium. Le potassium aide les reins à éliminer le sodium et contribue à la relaxation des parois artérielles. Une alimentation pauvre en fruits, légumes et légumineuses prive l’organisme de ce minéral. L’OMS recommande un apport d’au moins 3,5 g de potassium par jour.

Comment ces facteurs interagissent

En réalité, l’hypertension essentielle est rarement le résultat d’un seul facteur. C’est le cumul qui compte. Un exemple courant : une personne avec une prédisposition familiale, qui mange salé, ne fait pas de sport et prend du poids après 45 ans. Chaque facteur pris isolément n’aurait peut-être pas suffi ; ensemble, ils font basculer la tension artérielle au-dessus des seuils.

C’est aussi une bonne nouvelle. Agir sur plusieurs leviers en même temps, bouger plus, manger moins salé, perdre du poids, produit un effet cumulatif de l’ordre de 10 à 15 mmHg, parfois suffisant pour éviter ou retarder un traitement médicamenteux.

Les causes de l’hypertension secondaire

Dans 5 à 10 % des cas, une pathologie identifiable provoque l’hypertension. On y pense surtout si :

  • L’hypertension apparaît avant 30 ans, ou de façon brutale après 60 ans
  • La tension résiste à un traitement bien conduit associant trois médicaments
  • Des signes évocateurs sont présents : potassium bas sur une prise de sang, ronflements et pauses respiratoires, maux de tête par accès

Les causes rénales : sténose de l’artère rénale, glomérulonéphrite chronique, polykystose rénale. Les reins régulent la pression via le système rénine-angiotensine. Quand ils dysfonctionnent, la tension s’emballe.

Les causes endocriniennes : l’hyperaldostéronisme primaire est la cause la plus fréquente d’hypertension secondaire, devant le phéochromocytome, le syndrome de Cushing et les troubles thyroïdiens.

Le syndrome d’apnées du sommeil : les épisodes de manque d’oxygène nocturne provoquent des poussées tensionnelles répétées. L’apnée obstructive est aujourd’hui reconnue comme une cause fréquente d’hypertension résistante.

Les médicaments et substances : anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes, contraceptifs oestroprogestatifs, décongestionnants nasaux, réglisse en quantité excessive, cocaïne et amphétamines.

Quand on identifie et traite la cause sous-jacente, la tension peut se normaliser partiellement ou totalement. C’est ce qui rend ce dépistage important.

Que faire quand on connaît les causes ?

Comprendre les causes, c’est le premier pas. Ensuite, deux pistes.

Surveiller sa tension. Un contrôle régulier permet de détecter l’hypertension tôt, avant les complications, et c’est d’autant plus utile qu’elle ne donne presque jamais de symptôme. On explique comment prendre sa tension correctement à domicile, et un tensiomètre de bras validé cliniquement reste l’outil le plus fiable pour ça.

Agir sur les facteurs modifiables. Les mesures d’hygiène de vie cumulées peuvent faire baisser la tension de 10 à 15 mmHg. Le détail est dans notre guide sur la prévention de l’hypertension artérielle.

Si ces mesures ne suffisent pas, un traitement médicamenteux devient nécessaire. Il n’annule pas l’intérêt des mesures d’hygiène de vie : les deux se cumulent, et c’est même ce qui permet souvent de rester sur des doses faibles. Les complications de l’hypertension non traitée, elles, touchent le coeur, le cerveau, les reins et les yeux.

Questions fréquentes sur les causes de l’hypertension

Quelle est la principale cause de l'hypertension artérielle ?

Il n’y en a pas une seule. Dans 90 à 95 % des cas, on parle d’hypertension essentielle : aucune maladie ne l’explique, c’est le cumul de l’hérédité, de l’âge et du mode de vie qui fait monter la pression au fil des années. Parmi les facteurs sur lesquels on peut agir, l’excès de sel et la sédentarité sont les deux plus documentés.

L'hypertension est-elle héréditaire ?

En partie. Avoir un parent hypertendu augmente nettement le risque, en avoir deux le double. Mais l’hypertension est une maladie polygénique : aucun gène unique ne la provoque, et une prédisposition familiale ne condamne à rien. Elle justifie simplement de surveiller sa tension plus tôt que la moyenne.

Le stress peut-il causer une hypertension ?

Le stress aigu fait monter la tension sur le moment, par libération d’adrénaline et de cortisol. Le stress chronique, lui, répète ces montées et contribue à maintenir la pression à un niveau élevé. Il agit aussi indirectement, en poussant vers le grignotage, l’alcool et la sédentarité. Ce n’est pas la cause principale, mais c’est un facteur réel.

Quelle quantité de sel favorise l'hypertension ?

L’OMS recommande de ne pas dépasser 5 g de sel par jour, soit 2 g de sodium. Au-delà, le sodium favorise la rétention d’eau et augmente le volume sanguin. Réduire son apport fait baisser la systolique d’environ 5 mmHg chez une personne hypertendue. L’essentiel du sel consommé vient des aliments transformés, pas de la salière.

Qu'est-ce qu'une hypertension secondaire ?

C’est une hypertension provoquée par une maladie identifiable, dans 5 à 10 % des cas : atteinte rénale, trouble hormonal comme l’hyperaldostéronisme, syndrome d’apnées du sommeil, ou effet d’un médicament. On la recherche surtout avant 30 ans, en cas d’apparition brutale, ou quand la tension résiste à un traitement bien conduit. Traiter la cause peut normaliser la tension.

Peut-on faire baisser sa tension sans médicament ?

Souvent oui, quand l’hypertension est modérée et le risque cardiovasculaire faible. Cumuler plusieurs mesures d’hygiène de vie, moins de sel, activité physique régulière, perte de poids, moins d’alcool, arrêt du tabac, produit un effet de l’ordre de 10 à 15 mmHg. C’est parfois suffisant pour éviter ou retarder un traitement, et c’est au médecin d’en juger.

Sources et références

  • Organisation mondiale de la santé, Global report on hypertension 2025 : 1,4 milliard d’adultes hypertendus en 2024, un peu plus d’un sur cinq contrôlé
  • Santé publique France, Baromètre 2024 : 22 % des adultes de 18 à 79 ans concernés en France
  • Recommandations ESC 2024 pour la prise en charge de la pression artérielle élevée et de l’hypertension artérielle : bilan étiologique et facteurs de risque
  • OMS : recommandations sur l’apport en sodium, moins de 2 g par jour, soit moins de 5 g de sel
  • OMS : recommandation d’un apport d’au moins 3,5 g de potassium par jour
  • Haute Autorité de Santé : prise en charge de l’hypertension artérielle de l’adulte

Page mise à jour en septembre 2026.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Consultez votre médecin pour tout diagnostic ou traitement.

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