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Tension et voyage en avion : précautions à prendre

Tension et voyage en avion : précautions à prendre
Lecture : 5 min

Vous êtes hypertendu-e et vous prenez l’avion cet été ? La question revient chaque année dès que les vacances approchent. Entre la pressurisation de la cabine, l’altitude, et la station assise prolongée, on comprend l’inquiétude. Spoiler : dans la grande majorité des cas, ça se passe très bien. Mais quelques précautions changent la donne.

Ce qui se passe dans la cabine : altitude, pression et tension

Un avion de ligne vole à environ 10 000 mètres d’altitude. La cabine, elle, est pressurisée pour simuler une altitude d’environ 1 800 à 2 400 mètres (l’équivalent d’une station de ski en altitude). La pression atmosphérique est donc plus basse qu’au sol, d’environ 20 à 25 %.

Ce que ça implique pour la tension : le taux d’oxygène dans le sang diminue légèrement (saturation SpO2 de 93 à 97 % contre 95 à 100 % au sol). Le cœur compense en augmentant un peu le débit cardiaque. La tension artérielle peut varier de quelques mmHg, à la hausse ou à la baisse selon les individus.

Chez une personne avec une tension bien contrôlée par un traitement, cette variation est négligeable. Chez une personne dont l’hypertension est mal équilibrée (systolique au-dessus de 180 mmHg), le vol peut poser problème. C’est pourquoi l’Aerospace Medical Association recommande de ne pas voler si la tension de repos dépasse 180/100 mmHg sans avis médical.

Hypertension et vol long-courrier : les vrais risques

Le risque principal d’un vol long-courrier pour un hypertendu n’est pas directement lié à la tension elle-même. C’est la thrombose veineuse profonde (TVP), favorisée par l’immobilité prolongée, la déshydratation et la pression cabine réduite. L’hypertension est un facteur de risque cardiovasculaire qui s’ajoute aux autres.

Les chiffres : le risque de TVP augmente à partir de 4 heures de vol. Il passe de 1/6 000 sur un vol court à environ 1/1 000 sur un vol de plus de 8 heures, selon l’OMS. L’hypertension ne multiplie pas ce risque de façon drastique, mais elle s’ajoute à d’autres facteurs (âge, surpoids, contraception orale, antécédents).

Pour l’hypertension elle-même, les complications en vol sont rares. Les urgences médicales liées à la tension en avion représentent moins de 5 % des interventions à bord, d’après les données d’Air France. Mais « rare » ne veut pas dire « impossible », d’où l’importance de la préparation.

Préparer son voyage quand on est hypertendu

La préparation commence avant l’aéroport :

  • Consultez votre médecin si votre hypertension est récente, mal contrôlée, ou si vous changez de traitement depuis moins de 3 mois
  • Emportez vos médicaments en cabine, pas en soute. Les bagages en soute peuvent être perdus ou retardés. Prévoyez quelques jours de marge
  • Gardez l’ordonnance sur vous, surtout pour les voyages internationaux. Les noms commerciaux des médicaments varient d’un pays à l’autre
  • Décalage horaire et médicaments : si vous prenez un antihypertenseur le matin, et que vous traversez plusieurs fuseaux horaires, demandez à votre médecin comment ajuster les horaires de prise

La Société Française de Cardiologie recommande aux hypertendu-e-s équilibré-e-s de ne pas modifier leur traitement pour un vol. Continuez comme d’habitude.

Emporter son tensiomètre en cabine : nos conseils pratiques

Bonne idée. On recommande même vivement d’emporter un tensiomètre pour les voyages de plus de quelques jours. Mesurer sa tension en vacances, surtout dans un pays chaud ou en altitude, permet de s’assurer que le traitement tient.

Pour le transport en cabine, un tensiomètre de poignet est idéal. Plus compact qu’un modèle bras, il se glisse dans une trousse de toilette ou un bagage à main. Le Omron RS1, par exemple, pèse moins de 100 g et mesure environ 7 cm de large. Il passe sans problème la sécurité aéroportuaire (c’est un appareil médical, pas un appareil électronique soumis à restriction).

Quelques précisions utiles :

  • Les piles sont autorisées en cabine (les tensiomètres fonctionnent avec des piles AAA, pas de lithium problématique)
  • La mesure de tension en vol est possible mais pas recommandée : les vibrations et la position assise contrainte faussent les résultats. Mieux vaut mesurer à l’hôtel, au calme
  • En altitude (montagne, pas avion), la tension peut monter de 5 à 10 mmHg au-dessus de 2 500 m. C’est normal et temporaire

Les précautions pendant le vol (hydratation, mouvement, médicaments)

L’air en cabine est très sec : 10 à 20 % d’humidité, contre 40 à 60 % dans un logement. La déshydratation qui en résulte épaissit le sang et favorise la rétention de sodium. Deux facteurs qui jouent contre la tension.

Les recommandations de l’OMS pour les voyageurs à risque cardiovasculaire :

  • Boire régulièrement : au moins un verre d’eau toutes les heures. Éviter l’alcool, qui déshydrate et interagit avec certains antihypertenseurs
  • Se lever et marcher toutes les 2 heures. Dans la file d’attente pour les toilettes, personne ne vous reprochera de faire du sur-place
  • Exercices au siège : flexion-extension des chevilles, rotation des pieds, contraction des mollets. Ça paraît ridicule, ça prévient la stase veineuse
  • Bas de contention : recommandés pour les vols de plus de 6 heures, surtout si vous avez d’autres facteurs de risque

Pour les médicaments : prenez-les à l’heure habituelle de votre pays de départ. Si le décalage horaire est important (plus de 6 heures), votre médecin peut vous proposer un schéma de transition. Ne doublez jamais une dose parce que vous avez l’impression d’avoir « raté » une prise.

Pour en savoir plus sur l’impact du transport sur la tension, on a aussi un article sur les transports en commun et la tension qui aborde le sujet de façon plus large. Bon voyage.

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