Aller au contenu principal
Tests independantsAvis Mezurilo /20
Comparatif multi-marchandsTrouvez le meilleur prix
Sélection adaptéeOutil d'aide au choix
Articles expertsGuides santé & usage

Hypoxémie : définition, seuils de saturation et quand s’inquiéter

Hypoxémie : définition, seuils de saturation et quand s'inquiéter

L’hypoxémie, c’est un manque d’oxygène dans le sang artériel : on en parle quand la pression d’oxygène dans les artères (la PaO2) descend sous 80 mmHg. Sur l’oxymètre, elle apparaît sous 95 % de saturation (SpO2), et chez un adulte sans maladie respiratoire, sous 90 % confirmés par une seconde mesure, on appelle le 15.

Hypoxémie : la définition simple

L’oxygène qu’on respire passe des poumons au sang, accroché à l’hémoglobine des globules rouges. Il y a hypoxémie quand le sang des artères en transporte trop peu.

Deux chiffres la décrivent. La PaO2 se mesure par une prise de sang dans l’artère (les gaz du sang), avec une normale de 80 à 100 mmHg chez l’adulte.

Chez une personne âgée, une PaO2 un peu plus basse, jusque vers 65 mmHg selon certaines sources, peut être normale : le médecin l’interprète.

La SpO2, elle, s’affiche sur l’oxymètre de pouls : c’est le pourcentage d’hémoglobine chargée en oxygène, normalement entre 95 et 100 %.

Hypoxémie et hypoxie : la différence

L’hypoxémie concerne le sang, l’hypoxie concerne les tissus, qui ne reçoivent pas assez d’oxygène pour leurs besoins.

L’une mène souvent à l’autre, mais pas toujours. Lors d’une anémie, par exemple, la PaO2 peut rester normale alors que les tissus manquent d’oxygène : il y a hypoxie sans hypoxémie, faute de globules rouges pour transporter l’oxygène.

Les seuils : hypoxémie légère, modérée, sévère

Aucune autorité de santé française ne publie de grille officielle en trois degrés. Les degrés ci-dessous viennent de deux fabricants de matériel médical (Weinmann, cosinuss), et le manuel MSD confirme les bornes de 90 et 85 %.

Les noms varient : notre « légère » est la « modérée » de Weinmann. La dernière colonne est la règle Mezurilo, expliquée sous le tableau.

SpO2 au repos, confirmée par une seconde mesureDegréPaO2 approximativeCe qu’on fait
95 à 100 %Normale80 à 100 mmHgRien de particulier
93 à 94 %Hypoxémie légèreun peu sous 80 mmHgOn en parle à son médecin ; le jour même si la personne est malade (fièvre, toux, fatigue inhabituelle ou essoufflement à l’effort)
90 à 92 %Hypoxémie légèreun peu sous 80 mmHgOn consulte vite : son médecin le jour même, le 15 s’il est injoignable ou si un signe de la liste du 15, plus bas, s’ajoute
85 à 89 %Hypoxémie modéréeautour de 60 mmHgOn appelle le 15
moins de 85 %Hypoxémie sévèremoins de 50 mmHgOn appelle le 15
Exception : BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive, une maladie chronique des bronches et des poumons) ou autre maladie respiratoire suivie, avec une cible fixée par le médecinSelon la maladieSelon le médecinOn suit les consignes écrites du médecin, et le 15 sous son seuil d’alerte ou en cas de signe de la liste du 15, plus bas
Exception : après 70 ans, 92 à 94 % stables, c’est-à-dire déjà relevés à ce niveau les jours où la personne va bienPeut être habituelSelon le médecinOn surveille l’écart avec ses valeurs habituelles. Si le chiffre passe sous ce niveau habituel, ou s’il est relevé pour la première fois, on suit les lignes ci-dessus

Concrètement, une SpO2 à 89 % au repos chez un adulte sans maladie respiratoire, c’est une hypoxémie modérée. On refait la mesure au calme, et si elle se confirme, on appelle le 15.

Jauge verticale de saturation découpée en hypoxémie sévère, modérée, légère et normale, avec, pour chaque palier, ce qu'on fait : rien de particulier, en parler au médecin, médecin le jour même, appeler le 15.
Sous 95 % on parle d’hypoxémie ; chez l’adulte sans maladie respiratoire, sous 90 % confirmé par une seconde mesure, on appelle le 15.

Pourquoi le seuil d’alerte n’est pas le même partout

Pendant le Covid-19, la Haute Autorité de santé (HAS) demandait d’appeler le 15 quand un malade du Covid soigné sous oxygène à domicile passait sous 90 % à deux mesures consécutives. Le NHS britannique plaçait l’alerte à 92 % ou moins.

La bibliothèque médicale américaine MedlinePlus demande, elle, une aide immédiate à 88 % ou moins. Le seuil d’urgence varie donc de 88 à 92 % selon les documents, et les plus cités ont été écrits pour le Covid, faute de consigne plus générale.

Chez Mezurilo, on retient pour le 15 le seuil de 90 % : c’est aussi celui des médecins urgentistes français (SFMU et SRLF, 2025) pour parler d’insuffisance respiratoire aiguë, en air ambiant. Le NHS, plus prudent, retenait 92 %. Entre 90 et 92 %, on voit donc son médecin le jour même, et on appelle le 15 s’il est injoignable ou au moindre signe de la liste du 15, plus bas.

La BPCO est un cas à part : sous oxygène lors d’une aggravation, les recommandations britanniques et australiennes visent 88 à 92 %.

Au quotidien, c’est le pneumologue qui fixe la cible et le seuil d’alerte.

Les seuils de PaO2 dans les maladies chroniques

La Société de pneumologie de langue française (SPLF) parle d’insuffisance respiratoire chronique sous 70 mmHg, en air ambiant, au repos et hors aggravation, un seuil qu’elle dit arbitraire. L’oxygène à domicile au long cours se discute autour de 55 mmHg et en dessous chez une personne atteinte de BPCO.

Les signes d’une hypoxémie

Quand l’oxygène manque, le corps envoie ces signaux :

  • un essoufflement, parfois au moindre effort ou même au repos ;
  • un cœur qui bat vite ;
  • des maux de tête ;
  • des lèvres, des ongles ou une peau qui virent au bleu ou au gris (la cyanose) ;
  • une confusion, une difficulté à penser clairement ;
  • une toux ou un sifflement dans la poitrine, qui viennent souvent de la maladie en cause.

Une hypoxémie ne s’accompagne pas toujours d’essoufflement. Pendant le Covid-19, des personnes qui se sentaient presque bien avaient des saturations très basses, que seul l’oxymètre montrait.

Ce qui fait baisser l’oxygène dans le sang

Le plus souvent, l’hypoxémie vient d’une maladie qui gêne la respiration ou la circulation du sang dans les poumons :

  • les maladies des poumons : BPCO, asthme, pneumonie, fibrose pulmonaire ;
  • les urgences respiratoires : embolie pulmonaire (un caillot dans une artère du poumon), pneumothorax (de l’air entre le poumon et la paroi) ;
  • le cœur : insuffisance cardiaque, certaines malformations présentes dès la naissance ;
  • une respiration ralentie : certains médicaments, comme les somnifères ou les antidouleurs puissants ;
  • les apnées du sommeil, ces pauses respiratoires pendant la nuit ;
  • l’altitude, où l’air contient moins d’oxygène.

Une baisse en montagne n’a donc pas la même signification que dans son salon.

Hypoxémie nocturne

On parle d’hypoxémie nocturne quand la saturation baisse de façon importante ou prolongée pendant le sommeil.

Chez les personnes atteintes de BPCO, la désaturation nocturne est retenue quand la saturation reste sous 90 % plus de 30 % du temps d’enregistrement. Selon la SPLF, les pneumologues regardent aussi, pour décider d’un oxygène à domicile, si la moyenne nocturne descend à 88 % ou moins.

Les apnées du sommeil sont l’autre grande cause. Une oxymétrie de nuit, prescrite par le médecin, fait le point, et on détaille l’examen d’oxymétrie nocturne sur une page dédiée.

Repérer une hypoxémie avec un oxymètre (et ses limites)

La mesure peut s’écarter de 1 à 4 points de la saturation réelle, selon les sources. Un 94 % peut donc cacher un 92 %, ou un 96 %, d’où l’intérêt de suivre une tendance plutôt qu’un chiffre isolé.

Selon l’agence américaine du médicament (FDA), la lecture est faussée par une mauvaise circulation, une peau froide, la couleur ou l’épaisseur de la peau, le tabac et le vernis.

La bibliothèque médicale MedlinePlus précise deux points :

  • le vernis foncé bloque la lumière du capteur ;
  • sur une peau foncée, certains appareils affichent une saturation plus haute que la réalité.

La précision baisse aussi nettement quand la saturation descend sous 80 %. L’oxymètre oriente, il ne pose pas de diagnostic : seuls les gaz du sang mesurent la PaO2.

Pour une mesure fiable, on s’assoit et on reste immobile, main réchauffée et posée sous le niveau du cœur, doigt sans vernis. Pour choisir un appareil lisible et bien conçu, notre comparatif des oxymètres passe les modèles en revue.

Que faire, quand appeler le 15

La conduite suit la grille des seuils plus haut. Les symptômes comptent plus que le chiffre : un essoufflement au repos justifie d’appeler le 15, même avec une saturation correcte.

On appelle le 15 sans attendre si :

  • la SpO2 reste sous 90 % à deux mesures successives (en cas de BPCO : sous le seuil d’alerte fixé par son médecin) ;
  • un essoufflement apparaît au repos, même avec une saturation correcte ;
  • on n’arrive plus à finir une phrase courte à cause de l’essoufflement ;
  • les lèvres ou le visage bleuissent, ou une confusion apparaît ;
  • une douleur ou une oppression dans la poitrine s’installe.

Une saturation à 70 %, si l’appareil est bien posé, est une urgence vitale : on appelle le 15 immédiatement. Si le chiffre semble aberrant alors qu’on se sent bien, on vérifie la pose, on remesure sur un autre doigt, et on appelle s’il se confirme.

On consulte vite, ou on en parle à son médecin, si :

  • la SpO2 se situe entre 90 et 92 % au repos, sauf 92 % habituel après 70 ans : on voit son médecin le jour même, ou on appelle le 15 s’il est injoignable ;
  • elle se situe à 93 ou 94 % pour la première fois, ou baisse de plusieurs points sous ses valeurs habituelles en restant à 93 % ou plus. On en parle alors à son médecin, le jour même si la personne est malade.

Les pages sur les valeurs normales de la saturation et sur la conduite à tenir face à une saturation basse aident à situer son chiffre.

Comment on soigne une hypoxémie

Le traitement vise d’abord la cause : antibiotiques pour une pneumonie, inhalateurs pour l’asthme ou la BPCO, appareil à pression positive (PPC) pour les apnées du sommeil. L’oxygène est prescrit par un médecin, avec un débit adapté, et ne s’improvise jamais seul à la maison.

Notre article sur la saturation en oxygène dangereuse détaille à partir de quand un chiffre devient grave. Prise tôt, une hypoxémie se traite le plus souvent en soignant sa cause.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.

Partager :XFBin@

Articles similaires

Restez informé

Recevez nos derniers tests, comparatifs et bons plans, sans spam.