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Hypoxie : symptômes, causes et comment la repérer

L’hypoxie, c’est un manque d’oxygène dans les tissus du corps : les cellules n’en reçoivent pas assez pour fonctionner. Elle se signale par un essoufflement, un cœur qui bat vite, des maux de tête, parfois une confusion ou des lèvres bleues.

Chez un adulte sans maladie respiratoire suivie, l’oxymètre aide à la repérer. Entre 90 et 93 %, on refait la mesure au calme ; si le chiffre se confirme, on consulte son médecin, le jour même si la personne est malade.

Sous 90 %, confirmé par une seconde mesure, on contacte immédiatement un médecin, ou le 15 s’il est injoignable. Après 70 ans, un chiffre stable de 92 à 94 % peut être habituel, ce que seul le médecin confirme.

Les symptômes comptent plus que le chiffre : un essoufflement au repos fait appeler le 15, même avec une saturation correcte. L’oxymètre ne voit pas toutes les hypoxies, et avec une anémie ou du monoxyde de carbone, il peut afficher un chiffre normal.

Un essoufflement à l’effort ou une fatigue inhabituelle, malgré un bon chiffre, se montrent donc au médecin, le jour même si la personne est malade. Des maux de tête chez plusieurs personnes du même logement font penser au monoxyde de carbone : on aère, on sort et on appelle le 15.

Hypoxie : la définition

L’Académie nationale de médecine définit l’hypoxie comme une « insuffisance d’alimentation en oxygène des tissus ». Le sang circule, le cœur bat, mais les cellules ne reçoivent pas ce dont elles ont besoin.

L’oxygène passe des poumons au sang, accroché à l’hémoglobine des globules rouges, puis le cœur l’envoie aux organes. Une panne à n’importe quelle étape de ce trajet peut provoquer une hypoxie.

Hypoxie ou hypoxémie : ce qui les distingue

L’hypoxémie désigne un manque d’oxygène dans le sang des artères. L’hypoxie, elle, concerne les tissus.

L’une mène souvent à l’autre, mais pas toujours. On distingue quatre types d’hypoxie, selon l’endroit où l’oxygène se perd, et l’oxymètre ne les montre pas tous :

Type d’hypoxieCe qui manqueExemplesCe qu’affiche l’oxymètre
Hypoxémique, la plus fréquenteL’oxygène dans le sangBPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive, une maladie chronique des bronches et des poumons), pneumonie, asthme, altitudeUne saturation basse
CirculatoireLe sang qui arrive aux tissusCœur qui pompe mal, artère bouchéeUn chiffre qui peut rester normal, ou une mesure difficile
AnémiqueL’hémoglobine qui transporte l’oxygèneAnémie, hémorragie, monoxyde de carboneUn chiffre qui peut rester normal ; faussement normal avec le monoxyde de carbone
HistotoxiqueLa capacité des cellules à utiliser l’oxygèneCyanure, présent dans certaines fumées d’incendieUn chiffre qui peut rester normal

Quand le chiffre peut rester normal, ce sont les symptômes qui décident : la liste du 15, plus bas, s’applique quel que soit l’affichage. Notre article sur l’hypoxémie et ses seuils de saturation détaille le cas du sang.

Les symptômes de l’hypoxie

Les signaux les plus fréquents :

  • un essoufflement, d’abord à l’effort, puis parfois au repos ;
  • une respiration rapide ;
  • un cœur qui bat vite, au-delà de 100 battements par minute au repos (la tachycardie) ;
  • des maux de tête et des vertiges ;
  • une agitation, une anxiété ;
  • une confusion, une baisse d’attention ou de mémoire ;
  • des lèvres, des ongles ou une peau qui virent au bleu (la cyanose) ;
  • une oppression dans la poitrine.

Tous ces signes ne surviennent pas ensemble, et leur intensité dépend de la cause.

La cyanose est un signe tardif, et elle manque parfois. Elle n’apparaît pas quand le sang reste bien chargé en oxygène mais circule mal, et elle se voit plus tard en cas d’anémie.

Les causes : poumons, altitude, anémie, cœur

Les poumons, première cause

C’est la cause la plus fréquente : les poumons n’arrivent plus à faire passer assez d’oxygène dans le sang.

Les pneumonies, le Covid-19 l’a rappelé, l’asthme, la fibrose pulmonaire ou l’embolie pulmonaire (un caillot dans une artère du poumon) en sont d’autres causes.

La respiration peut aussi ralentir, sous l’effet de somnifères ou d’antidouleurs puissants. Les apnées du sommeil, ces pauses respiratoires nocturnes, provoquent des baisses répétées que la personne ne perçoit pas.

Les apnées se trahissent plutôt de jour, par la fatigue et la somnolence. Une oxymétrie de nuit, prescrite par le médecin, fait le point.

L’altitude et les lieux mal ventilés

En montagne, l’air apporte moins d’oxygène à chaque inspiration. Selon le manuel MSD, 20 à 25 % des personnes qui montent à 2 500 mètres ont une forme de mal des montagnes.

Les espaces confinés mal ventilés, comme les cuves, les puits ou les fosses, posent un risque proche : l’air peut s’y appauvrir en oxygène.

L’anémie et le monoxyde de carbone

Lors d’une anémie ou après une hémorragie, l’hémoglobine manque, et les tissus manquent d’oxygène même si les poumons fonctionnent bien. L’oxymètre, qui mesure la part d’hémoglobine chargée et non sa quantité, peut alors afficher un chiffre normal.

Le monoxyde de carbone trompe aussi l’oxymètre, qui affiche une lecture faussement élevée. Ce gaz prend la place de l’oxygène sur l’hémoglobine, et un oxymètre ordinaire ne fait pas la différence entre les deux.

L’intoxication donne des maux de tête, des nausées, des vertiges et une fatigue, comme une grippe. Un indice doit alerter : plusieurs personnes du même logement touchées en même temps, surtout quand un chauffage fonctionne.

Le cœur et la circulation

Quand le cœur faiblit, comme dans l’insuffisance cardiaque, le sang arrive mal aux organes. Certaines malformations du cœur présentes dès la naissance ont le même effet.

Hypoxie cérébrale : quand le cerveau manque d’oxygène

Le cerveau pèse environ 2 % du poids du corps, mais consomme à peu près 20 % de l’oxygène au repos. Privées d’oxygène, des cellules du cerveau commencent à mourir en moins de cinq minutes.

L’hypoxie cérébrale survient lors d’un arrêt cardiaque, d’une noyade, d’un étouffement, d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’une intoxication au monoxyde de carbone. L’altitude peut aussi la provoquer.

Légère, elle se voit à des signes discrets : baisse d’attention, jugement altéré, trouble de la parole, gestes mal coordonnés. Grave, elle mène à un coma : la personne ne réagit plus et peut cesser de respirer.

Face à une personne qui perd connaissance ou montre ces signes, on appelle le 15 sans attendre.

Repérer une hypoxie : oxymètre et signes cliniques

L’oxymètre de pouls affiche la saturation (SpO2), la part de l’hémoglobine chargée en oxygène, normalement de 94 % ou plus. Chez un adulte éveillé, assis, au repos et hors altitude, voici comment lire le chiffre.

SpO2 au repos, confirmée par une seconde mesureCe qu’on fait
94 % ou plusRien de particulier
90 à 93 %On consulte son médecin, le jour même si la personne est malade (fièvre, toux, fatigue inhabituelle ou essoufflement à l’effort) ; le 15 si un signe de la liste du 15, plus bas, s’ajoute
moins de 90 %On contacte immédiatement un médecin, ou le 15 s’il est injoignable ; le 15 directement si un signe de la liste du 15, plus bas, s’ajoute
Exception : BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive, une maladie chronique des bronches et des poumons) ou autre maladie respiratoire suivie, avec une cible fixée par le médecinOn suit les consignes écrites du médecin, et le 15 sous son seuil d’alerte ou en cas de signe de la liste du 15, plus bas
Exception : après 70 ans, 92 à 94 % stables, c’est-à-dire déjà relevés à ce niveau les jours où la personne va bienOn surveille l’écart avec ses valeurs habituelles. Si le chiffre passe sous ce niveau habituel, ou s’il est relevé pour la première fois, on suit les lignes ci-dessus

« Le jour même » : le soir, la nuit ou le week-end, on appelle le médecin de garde, au 116 117 ou au 15 selon la région, qui dit si cela peut attendre le matin.

Ces paliers sont ceux de la notice d’un oxymètre courant (Beurer PO 30), et non une recommandation officielle. Le seuil de 90 % est aussi celui que les sociétés françaises de médecine d’urgence et de réanimation retiennent pour parler d’insuffisance respiratoire aiguë (2025).

La ligne des plus de 70 ans vient de la British Thoracic Society (2017). Notre article sur la saturation chez la personne âgée explique comment relever ce niveau habituel, et notre page sur les valeurs normales de la saturation les détaille selon l’âge.

Un exemple : 88 % et un pouls à 104

Un adulte essoufflé au repos affiche 88 % et un pouls à 104, confirmés par une seconde mesure. Le cœur accélère pour compenser, au-dessus du pouls normal au repos : on appelle le 15.

Un bon chiffre ne suffit pas toujours à rassurer

Anémie, monoxyde de carbone ou mauvaise circulation peuvent laisser l’oxymètre dans le vert : ce sont alors les symptômes qui décident, selon les listes plus bas.

La mesure peut s’écarter de 1 à 4 points de la saturation réelle, selon les sources, et bien davantage sous 80 %. Doigts froids, mouvements, vernis foncé ou peau foncée la faussent.

On mesure donc assis et immobile, main réchauffée et posée sous le niveau du cœur, doigt sans vernis. Un chiffre bas qui semble aberrant se vérifie sur un autre doigt, et s’il se confirme, on suit la grille.

La nuit, la saturation baisse brièvement chez tout le monde, et en altitude, elle baisse aussi : ces chiffres ne se lisent pas avec la grille. Pour choisir un appareil fiable et lisible, notre comparatif des oxymètres passe les modèles en revue.

Que faire, et quand appeler le 15

On appelle le 15 sans attendre si :

  • la SpO2 reste sous 90 % à deux mesures successives et l’on ne peut pas joindre un médecin immédiatement ;
  • en cas de BPCO, la SpO2 passe sous le seuil d’alerte fixé par son médecin ;
  • un essoufflement apparaît au repos, même avec une saturation correcte ;
  • on n’arrive plus à finir une phrase courte à cause de l’essoufflement ;
  • les lèvres ou le visage bleuissent, ou une confusion apparaît ;
  • une douleur ou une oppression dans la poitrine s’installe ;
  • la personne devient très somnolente, s’agite, fait un malaise ou ne réagit plus quand on lui parle.

Si la personne ne réagit pas et ne respire pas normalement, on appelle le 15 ou le 18, et on commence tout de suite un massage cardiaque. On fait apporter un défibrillateur, s’il y en a un à proximité.

Si l’on soupçonne le monoxyde de carbone

On ouvre portes et fenêtres, on arrête si possible les appareils à combustion, et on sort du logement. Puis on appelle le 15, le 18 ou le 112, même si l’oxymètre affiche un bon chiffre.

On ne rentre pas avant que les secours ou un professionnel aient trouvé la cause.

En altitude

En montagne, la saturation baisse normalement, et ce sont les symptômes qui décident.

Aux premiers signes du mal des montagnes, on arrête de monter et on se repose. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, on redescend de 500 à 1 000 mètres.

Une confusion, une marche instable (signes d’un œdème du cerveau, rare) ou un essoufflement au repos imposent de redescendre et d’appeler les secours, au 15 ou au 112. Notre article sur l’oxymètre en randonnée explique comment s’en servir en montagne.

On consulte vite, ou on en parle à son médecin, si :

  • la SpO2 se situe entre 90 et 93 % au repos, sauf 92 ou 93 % habituels après 70 ans. On consulte alors son médecin, le jour même si la personne est malade ;
  • elle baisse de plusieurs points sous ses valeurs habituelles en restant à 94 % ou plus. On en parle alors à son médecin, le jour même si la personne est malade ;
  • un essoufflement à l’effort ou une fatigue inhabituelle s’installent, même avec un bon chiffre. On en parle à son médecin, le jour même si la personne est malade.

En attendant le rendez-vous, on note chaque mesure avec la date et l’heure. Le médecin pourra demander une prise de sang dans l’artère (les gaz du sang), une numération sanguine ou des examens des poumons.

Le traitement vise d’abord la cause. L’oxygène se prescrit, avec un débit adapté, et ne s’improvise jamais seul à la maison.

Notre page sur la conduite à tenir face à une saturation basse reprend ces paliers pas à pas.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.

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