Baisse de tension, que faire ? On s’allonge tout de suite jambes surélevées, ou à défaut on s’assoit, puis on boit un grand verre d’eau avant de se relever lentement.
Si la personne ne reprend pas connaissance en quelques minutes, respire mal, a mal à la poitrine ou un pouls très irrégulier, on appelle le 15. Un évanouissement, même bref, se signale ensuite au médecin.
Une baisse de tension, c’est une pression artérielle qui descend au point que le cerveau manque un peu de sang : la tête tourne, la vue se brouille. Sur un tensiomètre, on parle de tension basse sous 90/60 mmHg.
Chez la plupart des gens, l’organisme corrige très vite la baisse et empêche l’évanouissement.
Baisse de tension : que faire tout de suite (la réponse en trois gestes)
- S’allonger et surélever les jambes. Au sol ou sur un lit, les pieds posés sur un coussin ou une chaise : le sang revient plus facilement vers le cœur, et la tension remonte. Si on ne peut pas s’allonger, on s’assoit.
- À défaut, si on doit rester debout, contracter les jambes. On croise les pieds en serrant fort les cuisses, on piétine sur place ou on s’accroupit : ces gestes aident le sang à remonter des jambes.
- Boire un grand verre d’eau, puis se relever en deux temps. D’abord assis quelques instants, ensuite debout, en gardant une main sur un appui.
Quand la baisse vient d’un lever trop rapide, les symptômes disparaissent vite une fois allongé.
Si c’est un proche qui pâlit, on l’aide à s’allonger avant qu’il ne tombe, et on reste à côté de lui. Sans avis médical, on ne lui donne rien à boire ni à manger, sauf du sucre s’il le demande.
S’il perd connaissance mais respire, on l’installe en position latérale de sécurité (couché sur le côté), et on appelle le 15 s’il ne se réveille pas en quelques minutes. S’il ne respire plus, c’est un arrêt cardiaque : on appelle le 15 et on commence tout de suite le massage cardiaque.
Les symptômes d’une baisse de tension
Le cerveau souffre le premier quand la tension baisse : il est tout en haut du corps, et le sang doit lutter contre la gravité pour l’atteindre. D’où des signes qui surviennent souvent juste après s’être levé :
- la tête qui tourne, une sensation d’étourdissement ;
- la vue qui se trouble, un brouillard devant les yeux, des bourdonnements d’oreilles ;
- des sueurs, des nausées, une faiblesse dans les jambes ;
- une confusion passagère, l’impression qu’on va tomber dans les pommes ;
- des mains et des pieds froids, parfois des palpitations (on sent son cœur battre) ;
- et dans certains cas, l’évanouissement.
La fatigue est l’autre signe fréquent, surtout quand la tension reste basse au long cours. Une tension basse qui fatigue sans raison claire, et de plus en plus, mérite d’en parler à son médecin.
Un sosie à connaître : chez une personne diabétique, les sueurs, la pâleur et la vision floue peuvent venir d’une hypoglycémie, une baisse de sucre dans le sang. Si elle est consciente et peut avaler, c’est du sucre qu’il lui faut sans attendre (morceaux de sucre, boisson sucrée), pas seulement de l’eau.
Ce qui provoque une chute de tension
Le plus souvent, c’est le lever : le sang descend dans les veines des jambes, et le corps met un instant à accélérer le cœur et resserrer les vaisseaux. Quand ce rattrapage traîne, on parle d’hypotension orthostatique.
Les médecins la définissent par une baisse d’au moins 20 mmHg du premier chiffre, ou d’au moins 10 mmHg du second, dans les 3 minutes qui suivent le lever. Notre page sur l’hypotension orthostatique explique ce mécanisme et les profils les plus exposés.
Plusieurs situations rendent la chute plus probable :
- le manque d’eau : diarrhée, vomissements, fièvre, on n’a pas assez bu ;
- la chaleur : forte chaleur, sortie d’un bain chaud, pièce surchauffée et confinée ;
- certains médicaments : diurétiques, traitements de l’hypertension, antidépresseurs, neuroleptiques, antiparkinsoniens ;
- un repas copieux ou de l’alcool, qui accentuent les symptômes ;
- rester longtemps debout, ou au contraire longtemps alité ;
- une émotion forte ou une douleur violente (la vue du sang, par exemple), qui déclenche un malaise vagal, le plus souvent sans gravité ;
- une perte de sang, qui fait baisser le volume de sang et donc la pression.
Les médicaments méritent une attention à part : ce sont la cause la plus fréquente d’hypotension orthostatique, et les personnes traitées pour l’hypertension sont en première ligne. On n’arrête jamais un traitement de soi-même, mais on en parle au médecin, qui peut l’alléger si les baisses persistent.
Chez les personnes âgées, la tension peut aussi chuter après manger. Cette hypotension dite postprandiale touche environ une personne âgée sur trois vivant chez elle, et davantage à l’hôpital, alors qu’elle ne se voit presque jamais chez les jeunes.
Combien de temps dure une baisse de tension ?
Quelques secondes à quelques minutes, quand elle est liée au lever : les symptômes apparaissent peu après s’être mis debout et se dissipent rapidement une fois allongé. Même une vraie perte de connaissance de ce type, une syncope, reste brève, de quelques secondes à moins de 3 minutes.
Ce qui doit alerter, c’est une personne qui ne reprend pas conscience au bout de quelques minutes. Là, on n’attend pas : on appelle le 15 ou le 112.
Et si les baisses de tension reviennent souvent, même courtes, on consulte dès que possible. Leur répétition compte davantage que leur durée.
Boire, manger, remèdes de grand-mère : ce qui aide vraiment
Quelle boisson pour faire remonter la tension ? L’eau, tout simplement : un grand verre d’eau fait partie des gestes de secours recommandés aux personnes sujettes aux baisses de tension.
| Remède | Ce qu’on en sait | Notre conseil |
|---|---|---|
| Un grand verre d’eau | Stimule les nerfs qui resserrent les vaisseaux, et compense un éventuel manque d’eau | Le premier réflexe, tout de suite |
| Le sel | Peut réduire les symptômes chez certaines personnes en aidant le corps à retenir l’eau, mais il est déconseillé en cas de maladie cardiaque | Seulement sur avis médical, pour une tension basse qui dure |
| Le café | La caféine resserre les vaisseaux sanguins ; contre les baisses après les repas, les médecins la conseillent avant le petit-déjeuner, pour ne pas gêner le sommeil | Pour une tension basse le matin, pas au moment du malaise |
| La réglisse | En excès, risque d’hypertension et de baisse du potassium dans le sang, avec des complications cardiovasculaires possibles | À éviter comme remède |
| Le sucre | Utile quand le malaise vient d’une hypoglycémie, fréquente chez les personnes diabétiques | Pour un malaise de diabétique, pas pour la tension |
| L’alcool | Rend les symptômes plus forts et plus fréquents | À éviter pendant un malaise, à limiter au quotidien |
Quel aliment manger en cas de chute de tension ? Il n’y a pas d’aliment miracle.
Si la tension baisse après manger, on préfère des repas plus légers et plus fréquents, moins riches en glucides (pain, pâtes, desserts).
Côté prévention, les conseils des médecins tiennent en quelques habitudes simples :
- se lever en deux temps, surtout le matin et après une longue période assis ou couché ;
- éviter de rester debout longtemps sans bouger ;
- boire suffisamment et limiter l’alcool ;
- se méfier de la chaleur et des bains très chauds ;
- dormir la tête du lit légèrement surélevée ;
- porter des bas de contention si le médecin les prescrit.
Vérifier avec un tensiomètre : à partir de quels chiffres parle-t-on de tension basse ?
On parle de tension basse sous 90/60 mmHg. C’est un premier chiffre sous 90 (la pression quand le cœur se contracte) ou un second sous 60 (quand il se relâche).
Est-ce que 9 de tension est grave ? Pas en soi : « 9 », c’est 90 mmHg, pile à la limite, et une tension basse ne provoque pas toujours de symptômes.
Elle devient un sujet quand elle s’accompagne de vertiges, de malaises ou d’une fatigue qui s’installe.
Notre page sur l’hypotension artérielle reprend ces seuils, et les causes d’une tension basse au long cours.
Le test couché-debout, à refaire chez soi
Une mesure prise au repos ne dit pas tout, puisque la baisse survient souvent au lever. Les médecins la recherchent avec des mesures couché puis debout, et le principe se reproduit à la maison :
- on s’allonge ou on s’assoit au calme pendant 5 minutes, puis on prend une première mesure ;
- on se lève, près d’une chaise ou avec quelqu’un à côté, en gardant le brassard en place ;
- on mesure à nouveau au bout de 1 minute debout, puis au bout de 3 minutes ;
- on compare : une baisse d’au moins 20 mmHg du premier chiffre, ou de 10 mmHg du second, évoque une hypotension orthostatique.
À la moindre sensation de malaise pendant le test, on se rassoit : les chiffres attendront. On note les résultats avec l’heure, et on les montre au médecin, qui seul pose le diagnostic.
| Ce qu’on lit ou ce qu’on constate | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| Sous 90/60 mmHg, sans aucun symptôme | Une tension basse qui ne pose en général pas de souci, à signaler au prochain rendez-vous |
| Sous 90/60 mmHg, avec vertiges, fatigue ou malaises | À montrer à son médecin, avec les mesures notées |
| Baisse d’au moins 20 mmHg (premier chiffre) ou 10 mmHg (second) dans les 3 minutes après le lever | Évoque une hypotension orthostatique, à faire confirmer par le médecin |
| Un proche qui ne reprend pas connaissance, une gêne dans la poitrine, un pouls irrégulier | On arrête de mesurer et on appelle le 15 |
Pour ces mesures, la Haute Autorité de santé recommande un appareil validé (sa précision a été contrôlée en essai clinique), de préférence avec un brassard au bras. La bonne position et le bon brassard sont expliqués dans notre guide pour prendre sa tension correctement.
Pour s’équiper, on peut voir notre sélection de tensiomètres de bras, ou comparer les modèles un à un dans notre comparatif des tensiomètres.
Quand consulter, quand appeler le 15
On appelle le 15 (ou le 112) sans attendre si la personne :
- ne reprend pas connaissance après quelques minutes, ne réagit pas quand on lui parle ou qu’on la touche ;
- ne réagit pas et ne respire pas, ou respire de façon anormale (bruyante, par à-coups) : c’est un arrêt cardiaque, on commence tout de suite le massage cardiaque, le 15 guide les gestes au téléphone ;
- s’est évanouie pendant ou juste après un effort, en position allongée, après des palpitations, ou a une maladie du cœur connue ;
- s’est blessée en tombant, surtout à la tête ;
- a un pouls irrégulier, très rapide ou qu’on ne sent plus ;
- se plaint d’une douleur ou d’une gêne dans la poitrine ;
- une fois allongée et revenue à elle, a encore du mal à marcher, perd l’équilibre ou la coordination ;
- a du sang dans les selles, ou des selles noires.
Dans le doute, on appelle quand même : c’est un médecin régulateur qui répond. S’il n’y a pas de signe de gravité, il oriente vers le médecin de garde ou le médecin traitant.
On consulte son médecin dès que possible si :
- on s’est évanoui, même quelques secondes ;
- les baisses de tension reviennent souvent, ou durent ;
- les malaises ont commencé avec un nouveau médicament ;
- la fatigue s’aggrave de semaine en semaine.
On en parle à son médecin, sans urgence, si :
- un épisode survient de temps en temps en se levant ;
- les vertiges arrivent surtout après les repas.
Le plus souvent, une baisse de tension se règle allongé, en quelques minutes. Les mesures notées à la maison disent ensuite s’il faut en parler au médecin, et c’est rassurant de le savoir.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.



