Aller au contenu principal
Tests independantsAvis Mezurilo /20
Comparatif multi-marchandsTrouvez le meilleur prix
Selection adapteeOutil d'aide au choix
Articles expertsGuides sante & usage

Oxymètre et sport : mesurer sa SpO2 à l’effort

Oxymètre et sport : mesurer sa SpO2 à l’effort
Lecture : 5 min

L’oxymètre de pouls n’est pas réservé aux malades. De plus en plus de sportifs l’utilisent pour surveiller leur saturation en oxygène pendant l’entraînement, en altitude ou après un effort intense. Mais est-ce vraiment utile ? Et surtout, est-ce fiable quand on est en train de courir ?

SpO2 au repos vs à l’effort : ce qui est normal

Au repos, une SpO2 entre 95 et 100 % est la norme pour un adulte en bonne santé. Chez un sportif entraîné, on est souvent à 97-99 %. Jusque-là, rien de surprenant.

À l’effort, ça se complique. Chez la majorité des gens, la SpO2 reste stable même pendant un exercice intense. Le corps augmente la ventilation et le débit cardiaque pour maintenir l’oxygénation. Mais chez environ 50 % des athlètes d’endurance très entraînés, on observe un phénomène appelé hypoxémie induite par l’exercice (EIH) : la SpO2 peut descendre à 91-93 % pendant un effort maximal. L’étude de Dempsey et Wagner (1999) l’a bien documentée.

Ce n’est pas dangereux en soi. C’est une limitation physiologique liée au transit pulmonaire trop rapide du sang à haut débit cardiaque. Le sang n’a pas le temps de se saturer complètement en oxygène avant de quitter les poumons. Ça touche surtout les coureurs de fond, cyclistes et triathlètes qui poussent au-delà de 85-90 % de leur VO2max.

Courbe d'évolution de la SpO2 pendant l'effort physique
La SpO2 baisse naturellement à l’effort, davantage en altitude.

Pourquoi la SpO2 baisse pendant le sport (et quand s’inquiéter)

Plusieurs mécanismes expliquent une baisse de SpO2 à l’effort :

  • Le temps de transit pulmonaire raccourci (EIH, chez les athlètes entraînés)
  • La redistribution du flux sanguin vers les muscles actifs, au détriment de la perfusion périphérique (ce qui complique aussi la mesure au doigt)
  • L’hyperventilation qui modifie l’équilibre acido-basique du sang

Chez un sportif occasionnel, une baisse de SpO2 sous 94 % à l’effort mérite attention. Si votre SpO2 descend régulièrement sous 92 % pendant un jogging modéré, ce n’est probablement pas de l’EIH. Il peut y avoir un problème respiratoire sous-jacent (asthme d’effort, par exemple) qui justifie un bilan chez le médecin du sport.

La Société Française de Médecine du Sport recommande d’ailleurs un test d’effort avec mesure de la SpO2 pour tout sportif qui ressent un essoufflement disproportionné par rapport à son niveau d’entraînement.

Mesurer sa saturation en plein effort : fiable ou pas

Soyons cash : un oxymètre de pouls au doigt pendant que vous courez, ce n’est pas terrible. Le mouvement crée des artefacts. Les vibrations du pas, les secousses du bras, tout ça perturbe le signal optique. L’oxymètre interprète les mouvements comme des pulsations sanguines et affiche des valeurs aberrantes.

Pour obtenir quelque chose d’exploitable, il faut mesurer juste après l’effort. Vous arrêtez de courir, vous vous asseyez, vous mettez l’oxymètre au doigt et vous attendez 15 à 20 secondes que le chiffre se stabilise. La SpO2 post-effort immédiat reflète assez bien ce qui se passait pendant l’exercice, car la resaturation prend 1 à 2 minutes chez un sujet sain.

Les montres connectées avec capteur SpO2 au poignet ? Elles sont pratiques pour le suivi au repos et pendant le sommeil, mais leur précision à l’effort est encore plus aléatoire qu’un oxymètre de doigt. Le capteur au poignet est très sensible au mouvement et à la position du bracelet. On attend que la technologie progresse.

Quel oxymètre pour les sportifs

Le cahier des charges d’un sportif est assez spécifique :

  • Compact et léger : il doit tenir dans une poche de short ou un sac de trail sans gêner
  • Rapide : stabilisation en moins de 10 secondes (on n’a pas 30 secondes à perdre entre deux séries)
  • Indice de perfusion : pour savoir immédiatement si la mesure est fiable après l’effort, quand la perfusion périphérique est perturbée
  • Robuste : pas d’écran qui se raye au premier choc dans le sac à dos

Le Beurer PO 35 coche ces cases. Il pèse 57 grammes piles incluses, il affiche l’indice de perfusion, et il se glisse dans n’importe quelle poche. Ce n’est pas un gadget spécialement conçu pour le sport, mais c’est un oxymètre médical compact qui convient très bien à cet usage.

Pour les traileurs et les randonneurs en altitude, un oxymètre avec mémoire des mesures est un plus. Ça permet de comparer sa SpO2 à différents paliers d’altitude sans tout noter sur un papier.

Altitude, trail, apnée : cas particuliers

En altitude, la SpO2 baisse chez tout le monde. C’est normal. La pression partielle en oxygène diminue avec l’altitude, et les poumons captent moins d’O2. La FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade) donne ces repères :

AltitudeSpO2 moyenne attendue
Niveau de la mer96-99 %
2 000 m93-97 %
3 000 m90-95 %
4 000 m85-92 %
5 000 m80-88 %

En trek ou en alpinisme, l’oxymètre aide à détecter les signes précoces du mal aigu des montagnes (MAM). Une SpO2 inférieure à 80 % à 4 000 m, combinée à des maux de tête et des nausées, c’est un signal de redescente immédiate. Plusieurs guides de haute montagne emportent désormais un oxymètre dans leur trousse.

Pour l’apnée (statique ou dynamique), l’oxymètre est surtout utilisé en surface avant et après l’immersion. Pendant l’apnée elle-même, la mesure au doigt n’est pas praticable. Les apnéistes compétiteurs surveillent leur SpO2 de récupération : une remontée rapide à 95 % ou plus en 30 secondes est un bon indicateur de condition physique. Une récupération lente peut signaler une fatigue accumulée.

Notre comparatif d’oxymètres note chaque modèle sur sa compacité et sa rapidité de mesure, deux critères qui comptent particulièrement pour un usage sportif.

Partager :XFBin@

Articles similaires

Restez informé

Recevez nos derniers tests, comparatifs et bons plans, sans spam.