La réponse en 30 secondes
Pour faire remonter sa tension en 5 minutes, le geste le plus efficace reste de s’allonger sur le dos et de surélever les jambes au-dessus du niveau du coeur. Les vertiges reculent en général en 1 à 2 minutes.
Si on ne peut pas s’allonger, on croise les jambes debout en contractant fortement les cuisses et les fessiers. On boit ensuite deux grands verres d’eau fraîche, environ 500 ml, qui soutiennent la tension sur l’heure qui suit.
Ces gestes valent pour un malaise passager. Si la personne perd connaissance, reste confuse ou saigne, on appelle le 15 sans attendre.
Une tension qui chute, c’est la tête qui tourne, la vue qui se voile et parfois la chute. Ça arrive après un lever trop brusque, un coup de chaleur, un repas copieux ou une journée sans boire assez.
Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, quelques gestes simples suffisent à rétablir la situation. On parle d’hypotension en dessous de 90/60 mmHg environ, mais c’est surtout la présence de symptômes qui compte, pas le chiffre isolé. Voici comment faire remonter sa tension en 5 minutes, geste par geste, avec ce que disent les données publiées.
Reconnaître une chute de tension avant qu’elle ne tourne au malaise
Les signes arrivent vite, souvent en quelques secondes :
- Vertiges, tête qui tourne : le signe le plus fréquent
- Voile noir ou vision floue : la vue s’assombrit quelques secondes
- Sueurs froides, peau pâle et moite : typique du malaise vagal
- Nausées
- Jambes qui flageolent, sensation de faiblesse générale
- Confusion brève, difficulté à suivre une conversation
Tous traduisent la même chose : le cerveau reçoit momentanément moins de sang, et la circulation cérébrale ne suit plus. Dans le malaise vagal, un réflexe ralentit le coeur et dilate les vaisseaux en même temps, d’où la chute brutale.
Le bon réflexe, c’est d’agir dès les premiers signes, pas d’attendre de voir si ça passe. Une personne qui s’allonge à temps ne tombe pas.
Le saviez-vous ? Des vertiges qui reviennent systématiquement au moment de se lever évoquent plutôt une hypotension orthostatique. C’est une forme particulière, qui se prévient au quotidien.
Geste n° 1 : s’allonger et surélever les jambes
C’est le geste de référence, et de loin le plus rapide. On allonge la personne sur le dos et on lui remonte les jambes au-dessus du niveau du coeur, sur un coussin, une chaise ou contre un mur.
Ce qui se passe. Plusieurs centaines de millilitres de sang stockés dans les jambes refluent vers le thorax en quelques secondes. Le coeur se remplit mieux, éjecte davantage à chaque battement, et la pression remonte. Le Manuel MSD décrit l’élévation des jambes au-dessus du niveau du coeur comme le moyen d’augmenter le retour veineux, donc le débit cardiaque et la pression artérielle.
Ce qu’on observe. Sur un malaise vagal simple, les vertiges refluent en 1 à 2 minutes et la conscience revient spontanément. Placer la personne à plat, jambes élevées, suffit classiquement à interrompre l’épisode une fois les causes graves écartées.
En pratique :
- Allonger la personne sur le dos, au sol si besoin
- Surélever les jambes de 30 à 45 cm
- Desserrer col, ceinture, cravate
- Aérer, éloigner les curieux
- Laisser en place 5 minutes, puis relever en deux temps
Bon à savoir : inutile de basculer la personne tête en bas (position de Trendelenburg complète). Les données ne montrent pas de bénéfice supplémentaire sur le débit cérébral, et la gêne respiratoire est réelle. Seule l’élévation des jambes est nécessaire.
Geste n° 2 : les manoeuvres de contre-pression quand on ne peut pas s’allonger
Dans une file d’attente, dans le métro, dans une salle d’attente, s’allonger n’est pas toujours possible. Les manoeuvres de contre-pression prennent alors le relais : on contracte volontairement de gros groupes musculaires pour chasser le sang vers le coeur.
Les trois plus utilisées :
- Croiser les jambes debout en serrant cuisses, fessiers et abdominaux
- Serrer les poings ou contracter les bras l’un contre l’autre
- Serrer une balle ou n’importe quel objet ferme, à pleine main
Ce que montre l’essai de référence. Le PC-Trial, publié dans le Journal of the American College of Cardiology en 2006, a suivi 223 patients sujets aux malaises vagaux. Dans le groupe formé aux manoeuvres, 32 % ont refait un malaise pendant le suivi, contre 51 % dans le groupe témoin, soit une réduction relative du risque d’environ 39 %. La Société européenne de cardiologie recommande depuis d’enseigner ces manoeuvres aux patients concernés.
La limite est nette : il faut sentir venir le malaise. Dans cet essai, une part notable des récidives est survenue sans signe annonciateur, ou avec un signe trop bref pour réagir. D’où l’intérêt de s’entraîner au calme, pour que le geste vienne tout seul le jour venu.
Geste n° 3 : boire deux grands verres d’eau fraîche
Boire vite de l’eau fraîche fait monter la tension. Ce n’est pas une croyance, le phénomène a un nom : la réponse osmopressive.
Le mécanisme. L’arrivée d’eau peu concentrée dans l’estomac déclenche une décharge du système nerveux sympathique. Les vaisseaux se resserrent, et la noradrénaline circulante augmente autant qu’après une dose de caféine. Si la personne était déshydratée, le volume sanguin remonte en prime.
Les chiffres, avec la bonne temporalité. Après environ 480 ml d’eau du robinet, l’effet démarre dans les 5 minutes, atteint son maximum entre 30 et 40 minutes et se maintient plus d’une heure. L’amplitude dépend beaucoup du profil : jusqu’à 11 mmHg de systolique chez des personnes âgées en bonne santé, et 33 à 37 mmHg chez des patients atteints de dysautonomie sévère, d’après les travaux publiés dans Circulation et l’American Journal of Physiology.
Autrement dit, c’est un excellent soutien, mais ce n’est pas le geste qui sort quelqu’un d’un malaise en 90 secondes. Il vient après l’allongement, pas à la place.
La bonne dose : 400 à 500 ml, bus rapidement, frais plutôt que glacé.
Geste n° 4 : du sel et un peu de sucre
Le sodium retient l’eau dans le compartiment vasculaire. Un bouillon salé, une poignée de biscuits salés, une pincée de sel dans un verre d’eau : cela soutient la tension sur les minutes et les heures qui suivent, pas dans la seconde.
Une boisson sucrée fait souvent du bien en parallèle, surtout si le malaise arrive à jeun ou après un effort. Elle ne fait pas remonter la tension à proprement parler, mais elle corrige la part hypoglycémique du malaise, qui se mélange souvent à l’hypotension.
Le garde-fou. Cet apport de sel se raisonne à court terme. En routine, on n’augmente pas son sel de sa propre initiative en cas d’insuffisance cardiaque, de maladie rénale ou de tension traitée. Chez une personne sujette aux chutes de tension, l’objectif d’apport hydrosodé se fixe avec le médecin.
Geste n° 5 : café et réglisse, ce qu’ils font vraiment
Le café. La caféine resserre les vaisseaux et stimule le coeur. Les essais randomisés donnent un ordre de grandeur : 200 à 300 mg de caféine, soit deux à trois tasses, font monter la systolique d’environ 8 mmHg et la diastolique d’environ 6 mmHg, avec un effet installé dans l’heure et maintenu au moins 3 heures. Détail qui compte : chez les buveurs de café réguliers, cet effet disparaît presque entièrement. Le café aide donc les hypotendus chroniques le matin, il ne sert à rien au moment du malaise.
La réglisse. Elle fait bien monter la tension, par un mécanisme de pseudo-hyperaldostéronisme. Une semaine à 75 mg de glycyrrhizine par jour suffit à faire grimper la systolique d’environ 5 mmHg chez des volontaires sains, davantage chez certains. Sauf que l’Anses a documenté le revers : la hausse s’accompagne d’une fuite de potassium, avec crampes et troubles du rythme à la clé. Ce n’est pas une solution de confort, et encore moins une solution en 5 minutes.
À retenir : ni le café ni la réglisse ne sont des gestes d’urgence. Ils modulent une tendance de fond, sur la journée.
Vérifier avec un tensiomètre, avant et après
Un malaise ne veut pas toujours dire tension basse. Une hypoglycémie, un trouble du rythme ou une simple bouffée de chaleur donnent les mêmes sensations. Si un tensiomètre est à portée de main, une mesure tranche la question en une minute.
Comment mesurer dans ce contexte. On installe la personne assise ou allongée, brassard sur le bras nu, au niveau du coeur. On note les deux chiffres : la systolique (le premier) et la diastolique (le second), tous deux exprimés en mmHg. En dessous de 90 pour la systolique ou de 60 pour la diastolique, avec des symptômes, on est bien sur une hypotension. On refait une mesure 5 minutes après le geste pour vérifier que ça remonte.
Brassard de bras ou poignet ? Pour ce type de vérification, le brassard de bras reste plus fiable. Les modèles de poignet demandent de maintenir l’appareil exactement à hauteur du coeur, ce qui est difficile quand on se sent mal. Dans les deux cas, on choisit un appareil validé cliniquement, testé selon la norme ISO 81060-2. C’est le seul critère de précision qui compte vraiment, bien avant le nombre de fonctions.
Les options qui servent ici :
- Détection d’arythmie : elle signale un rythme irrégulier pendant la mesure, piste utile quand les malaises se répètent
- Mémoire intégrée : elle garde l’historique, ce qui permet de montrer une vraie série au médecin plutôt qu’un chiffre isolé
- Modèle connecté : l’application reconstruit les courbes et l’export se fait en un clic
Cette automesure encadrée, la même que celle recommandée dans le suivi de l’HTA, sert tout autant aux tensions basses. Et si les chutes de tension reviennent, cet historique fait gagner du temps en consultation, notamment pour évaluer le retentissement cardiovasculaire.
Deux cas particuliers à connaître
L’hypotension orthostatique. Quand la chute survient systématiquement au passage à la position debout, on se rassoit immédiatement et on contracte les jambes plutôt que d’essayer de tenir. Le diagnostic, les critères chiffrés et les mesures de fond (bas de contention, apport hydrosodé, surélévation de la tête de lit) sont détaillés sur notre page dédiée à l’hypotension orthostatique.
Hypotension due à un médicament : antihypertenseurs, diurétiques, alpha-bloquants et certains antidépresseurs peuvent faire chuter la tension. La conduite tient en quatre points : allonger la personne, mesurer, ne jamais arrêter ni modifier le traitement de sa propre initiative, et appeler le médecin, qui décidera du traitement de la cause en parallèle d’un éventuel ajustement de dose.
Quand appeler le 15
Certaines chutes de tension ne se règlent pas avec un verre d’eau. On appelle le 15, ou le 112, sans hésiter dans ces situations :
- Perte de connaissance qui dure plus de quelques secondes, ou qui se répète
- Confusion, difficulté à parler, faiblesse d’un côté du corps
- Douleur dans la poitrine, essoufflement marqué
- Saignement visible ou traumatisme récent
- Fièvre élevée avec marbrures sur la peau et extrémités froides
- Gonflement du visage ou des lèvres, urticaire après une piqûre, un aliment ou un médicament
En attendant les secours : on laisse la personne allongée, jambes surélevées, on la couvre et on surveille sa respiration. Si elle est inconsciente mais respire, on la met en position latérale de sécurité. Si un stylo auto-injecteur d’adrénaline est disponible et que la réaction allergique est évidente, on l’utilise selon la formation reçue.
Ces signes évoquent un état de choc, qui relève d’une prise en charge médicale immédiate et peut être vital. Aucun geste maison ne remplace l’appel.
Tableau récapitulatif des gestes selon la situation
| Situation | Geste prioritaire | Délai d’effet | Effet attendu sur la systolique |
|---|---|---|---|
| Malaise vagal (stress, douleur, station debout) | Allonger, jambes surélevées | 1 à 2 min | Retour à la normale dans la plupart des cas |
| Lever trop brusque | Se rasseoir, contracter les jambes | 30 s à 1 min | Quelques mmHg, souvent assez pour éviter la chute |
| Déshydratation, chaleur | 400 à 500 ml d’eau fraîche | Début à 5 min, pic à 30-40 min | 11 mmHg (sujet âgé sain) à 33 mmHg (dysautonomie) |
| Après un repas copieux, plus de 65 ans | S’asseoir 30 min, boire avant le repas | Prévention | Limite la chute post-prandiale |
| Effet d’un médicament | Allonger, mesurer, appeler le médecin | Variable | Demande un ajustement de dose |
| Signes de choc | Appeler le 15 | Immédiat | Prise en charge médicale |
Quelle que soit la cause, l’allongement jambes surélevées reste le point commun. Le reste s’ajoute selon la situation.
À retenir
Retenir trois choses suffit : s’allonger jambes en l’air, contracter les jambes si on ne peut pas s’allonger, boire un demi-litre d’eau fraîche. Le reste relève du fond, pas de l’urgence. Et si les chutes de tension reviennent souvent, une série de mesures notées vaut mieux qu’un chiffre isolé pour en parler au médecin.
À l’inverse, si votre tension a plutôt tendance à grimper, voir comment faire baisser sa tension en 5 minutes.
Sources et références
- van Dijk N. et al., « Effectiveness of Physical Counterpressure Maneuvers in Preventing Vasovagal Syncope: the PC-Trial », Journal of the American College of Cardiology, 2006 : 223 patients, récidive chez 32 % contre 51 %
- Recommandations de la Société européenne de cardiologie sur la prise en charge de la syncope
- Manuel MSD, édition professionnelle : syncope, état de choc et effet de l’élévation des jambes sur le retour veineux
- Jordan J. et al., réponse osmopressive à l’ingestion d’eau, Circulation et American Journal of Physiology
- Anses : avis relatif à la consommation de réglisse et de glycyrrhizine, risque d’hypertension et d’hypokaliémie
Article mis à jour en septembre 2026.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de malaise répété, de perte de connaissance ou de signes de choc, contactez un médecin ou appelez le 15.



