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Hypotension : comprendre la tension basse

On parle d’hypotension quand la pression artérielle descend sous 90/60 mmHg. Ça ne fait pas toujours la une, contrairement à l’hypertension, et pourtant : vertiges au lever, vision qui se brouille, fatigue qui traîne sans raison apparente. Si vous vous reconnaissez, cette page fait le point sur les causes, les symptômes et surtout les moments où il faut consulter.

L’essentiel
  • Hypotension = tension en dessous de 90/60 mmHg (seuil OMS)
  • Symptômes principaux : vertiges au lever, vision floue, fatigue, syncope
  • Causes les plus fréquentes : déshydratation, médicaments, troubles endocriniens
  • Gestes clés : boire 1,5-2 L/jour, se lever en deux temps, croiser les jambes debout
  • Un seul évanouissement inexpliqué justifie une consultation médicale

Niveaux de tension basse

Qu’est-ce que l’hypotension artérielle ?

La tension artérielle reflète la pression exercée par le sang sur les parois des artères. En dessous de 90 mmHg pour la systolique (le premier chiffre) et 60 mmHg pour la diastolique (le second), on considère la tension comme basse. C’est le seuil retenu par l’OMS et la Haute Autorité de Santé.

Avoir une tension naturellement basse n’est pas forcément un problème. Certaines personnes vivent très bien à 95/58 mmHg toute leur vie. Le souci commence quand la chute est brutale ou quand des symptômes s’installent.

Les symptômes de l’hypotension

Le corps envoie des signaux assez clairs quand la pression tombe trop :

  • Vertiges ou étourdissements, surtout en passant de la position assise ou couchée à debout
  • Vision floue ou scintillements passagers
  • Fatigue inhabituelle, même après une bonne nuit
  • Nausées, parfois accompagnées de sueurs froides
  • Perte de connaissance (syncope) dans les cas sévères

Un vertige isolé après s’être levé trop vite, ça arrive à tout le monde. Si ça se répète plusieurs fois par semaine, c’est autre chose.

Les causes principales

Déshydratation

La cause la plus fréquente et la plus simple à corriger. Quand le volume sanguin diminue (chaleur, gastro, oubli de boire), la pression chute mécaniquement. On estime qu’un déficit de 500 mL d’eau suffit à faire perdre 5 à 10 mmHg en systolique.

Les personnes âgées sont plus exposées parce que la sensation de soif s’atténue avec l’âge. Un détail que beaucoup ignorent : les épisodes de canicule provoquent chaque été des pics d’hospitalisations liés à l’hypotension, bien plus que les coups de chaleur eux-mêmes.

Médicaments

Diurétiques, bêtabloquants, antidépresseurs tricycliques, certains traitements de la prostate : la liste est longue. L’hypotension est un effet secondaire courant de nombreux médicaments prescrits pour d’autres pathologies. Si vous prenez un traitement contre l’hypertension artérielle et que vous ressentez des vertiges, parlez-en à votre médecin avant de modifier quoi que ce soit.

Troubles endocriniens et cardiaques

L’insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison), l’hypothyroïdie ou certaines arythmies cardiaques peuvent provoquer une tension basse chronique. Ces causes sont moins fréquentes mais justifient un bilan médical si les symptômes persistent. Un dosage de cortisol et un bilan thyroïdien suffisent souvent à y voir clair.

Les types d’hypotension

Hypotension orthostatique

C’est la plus connue : la tension chute de plus de 20 mmHg en systolique dans les trois minutes qui suivent le passage en position debout. Elle touche environ une personne sur cinq après 60 ans et multiplie par 1,7 le risque de chute. On lui consacre une page dédiée pour aller plus loin.

Hypotension post-prandiale

Moins médiatisée mais bien réelle. La digestion mobilise du sang vers le système digestif, ce qui peut faire baisser la tension 30 à 60 minutes après un repas copieux. Les seniors y sont plus sensibles. Fractionner les repas aide souvent.

Tension basse : que faire au quotidien ?

Quelques habitudes suffisent dans la majorité des cas :

  • Boire régulièrement : 1,5 à 2 litres d’eau par jour, davantage en période de chaleur
  • Se lever en deux temps : s’asseoir au bord du lit, attendre dix secondes, puis se mettre debout
  • Croiser les jambes en station debout prolongée pour favoriser le retour veineux
  • Éviter l’alcool à jeun, qui dilate les vaisseaux et aggrave la chute de tension
  • Augmenter légèrement le sel dans l’alimentation (olives, bouillon, fromage), après avis médical si vous suivez un régime hyposodé

Les bas de contention sont aussi une option pour les personnes sujettes à l’hypotension orthostatique. Pas glamour, mais efficace : ils empêchent le sang de stagner dans les jambes.

Mesurer sa tension matin et soir pendant quelques jours donne un tableau clair à montrer à son médecin. Comparez les valeurs couchée, assise et debout pour repérer une composante orthostatique.

Le tableau de tension par âge peut aussi vous aider à situer vos chiffres.

Hypotension : quand s’inquiéter ?

La tension basse devient un signal d’alerte dans ces situations :

  • Syncopes répétées (même brèves)
  • Vertiges quotidiens qui limitent vos activités
  • Tension qui ne remonte pas malgré une bonne hydratation
  • Prise de médicaments susceptibles de baisser la pression
  • Antécédents cardiaques ou neurologiques

Un seul évanouissement inexpliqué justifie une consultation. Le médecin pourra demander un tilt-test (test d’inclinaison) ou un bilan hormonal pour identifier la cause. Chez les plus de 65 ans, une hypotension qui provoque des chutes à répétition augmente de 50 % le risque de fracture dans l’année : on ne laisse pas traîner.

L’hypotension n’est pas une maladie en soi. C’est un signal. Bien compris, bien surveillé, il se gère avec des gestes simples. Et quand les gestes ne suffisent pas, votre médecin a les outils pour trouver ce qui coince.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Consultez votre médecin pour tout diagnostic ou traitement lié à la pression artérielle.

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