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Hypertension intracrânienne : symptômes et prise en charge

Qu’est-ce que l’hypertension intracrânienne ?

Le cerveau baigne dans un liquide (le liquide céphalo-rachidien, ou LCR) qui le protège et le nourrit. Ce liquide exerce une pression, normalement comprise entre 5 et 15 mmHg chez l’adulte allongé. Quand cette pression dépasse 20 mmHg de façon prolongée, on parle d’hypertension intracrânienne (HTIC). Le crâne étant une boîte rigide, toute augmentation de volume à l’intérieur fait grimper la pression. Et le cerveau n’aime pas ça.

L’essentiel
  • Pression intracrânienne > 20 mmHg dans le crâne , le cerveau est comprimé
  • Causes : tumeur, hydrocéphalie, thrombose veineuse, ou forme idiopathique
  • Trio de symptômes : céphalées matinales intenses, troubles visuels, nausées en jet
  • Forme idiopathique : surtout femmes 20-45 ans en surpoids (20/100 000)
  • Risque majeur : perte de vision définitive sans traitement

Les causes : de la tumeur au mystère

Trois grands mécanismes peuvent augmenter la pression intracrânienne :

MécanismeExemples
Augmentation du volume cérébralTumeur, abcès, hématome, œdème cérébral
Excès de LCRHydrocéphalie (production excessive ou défaut de réabsorption)
Obstruction veineuseThrombose veineuse cérébrale, insuffisance cardiaque sévère

Et puis il y a la forme idiopathique, celle qu’on appelle aussi « pseudotumor cerebri ». Aucune tumeur, aucune lésion visible. Le LCR est en excès ou mal résorbé sans raison identifiée. Elle touche surtout les femmes entre 20 et 45 ans, en surpoids. L’incidence grimpe à 20 cas pour 100 000 chez les femmes obèses en âge de procréer, contre moins de 1 pour 100 000 dans la population générale.

Symptômes de l’hypertension intracrânienne

Le trio classique, c’est : céphalées, troubles visuels, nausées. Mais chaque patient a sa propre combinaison.

  • Céphalées : intenses, diffuses, qui réveillent la nuit ou sont pires au réveil. Elles augmentent en toussant, en se penchant ou en poussant. Le mal de tête matinal qui cède après la station debout est typique.
  • Troubles visuels : vision floue, éclipses visuelles (la vue qui se voile quelques secondes), vision double. L’œdème papillaire au fond d’œil est le signe le plus objectif. Sans traitement, il peut mener à une atrophie du nerf optique et une perte de vision définitive.
  • Acouphènes pulsatiles : un bruit rythmé par le pouls, souvent décrit comme un « whoosh-whoosh » dans l’oreille. Très caractéristique de la forme idiopathique.
  • Nausées et vomissements : en jet, sans rapport avec les repas. Plus fréquents le matin.

Chez le nourrisson, les signes sont différents : fontanelle bombante, regard en coucher de soleil (les yeux déviés vers le bas), irritabilité, augmentation rapide du périmètre crânien.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le fond d’œil est souvent le premier examen. Un œdème papillaire bilatéral oriente fortement vers une HTIC. On enchaîne ensuite avec une IRM cérébrale (ou un scanner en urgence) pour éliminer une tumeur, un hématome ou une hydrocéphalie.

Si l’imagerie est normale, la ponction lombaire confirme le diagnostic en mesurant la pression d’ouverture du LCR. Au-delà de 25 cmH₂O (environ 18 mmHg) chez l’adulte, c’est positif. Le liquide est analysé au passage pour écarter une infection ou une inflammation.

Pour la forme idiopathique, les critères de Dandy modifiés servent de référence : pression élevée, imagerie normale, composition du LCR normale, et des symptômes compatibles.

Traitements

Tout dépend de la cause. Une tumeur opérable ? On opère. Une hydrocéphalie ? On pose une dérivation pour évacuer le LCR. Une thrombose veineuse ? On anticoagule.

Pour la forme idiopathique, la prise en charge repose sur :

  • Perte de poids : c’est le traitement le plus efficace à long terme. Une réduction de 5 à 10 % du poids corporel suffit souvent à normaliser la pression.
  • Acétazolamide (Diamox) : ce diurétique réduit la production de LCR. Dose habituelle de 1 à 2 g par jour, avec surveillance des effets secondaires (fourmillements, fatigue, calculs rénaux).
  • Ponctions lombaires évacuatrices : soulagement rapide mais temporaire. Utile en attendant que le traitement de fond agisse.
  • Chirurgie : fenestration de la gaine du nerf optique ou dérivation lombo-péritonéale si la vision se dégrade malgré le traitement médical.

Le suivi ophtalmologique régulier est indispensable. La perte visuelle est la complication la plus grave de la forme idiopathique, et elle peut s’installer de façon insidieuse.

À ne pas confondre avec l’hypertension artérielle

L’hypertension intracrânienne concerne la pression à l’intérieur du crâne. L’hypertension artérielle concerne la pression dans les artères. Les deux n’ont ni les mêmes causes, ni les mêmes symptômes, ni les mêmes traitements. En revanche, une hypertension artérielle sévère et non traitée peut, dans de rares cas, provoquer un œdème cérébral et augmenter la pression intracrânienne.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de céphalées intenses, de troubles visuels ou d’acouphènes pulsatiles, consultez rapidement votre médecin.

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