Aller au contenu principal

Systolique et diastolique : comprendre les deux chiffres

Systolique et diastolique : deux chiffres, deux temps du cœur

Quand on regarde l’écran d’un tensiomètre, deux nombres s’affichent. Le premier, en haut, c’est la pression systolique. Le second, en bas, la pression diastolique. On les exprime en mmHg (millimètres de mercure) et ils racontent chacun un moment précis du cycle cardiaque. 120/80, 135/85, 150/95… ces deux chiffres ne disent pas la même chose, et les confondre serait une erreur.

L’essentiel
  • La pression systolique mesure la force du cœur à la contraction. C’est le chiffre du haut
  • La pression diastolique mesure la pression au repos du cœur. C’est le chiffre du bas
  • Les valeurs optimales sont 120/80 mmHg. Au-dessus de 140/90, on parle d’hypertension
  • La pression pulsée (écart entre les deux) doit rester entre 40 et 60 mmHg
  • Un seul chiffre élevé suffit à classer la tension en hypertension. Surveillez les deux

Infographie systolique et diastolique : les deux chiffres de la tension

Qu’est-ce que la pression systolique ?

La pression systolique correspond au moment où le cœur se contracte pour expulser le sang dans les artères. C’est le pic de pression, la valeur la plus haute sur votre tensiomètre. Chez un adulte en bonne santé, elle se situe autour de 120 mmHg.

On la surveille de près parce qu’elle reflète directement la force avec laquelle le cœur pousse le sang. Quand elle monte au-delà de 140 mmHg de façon répétée, on parle d’hypertension artérielle. Au-dessus de 180, c’est une urgence.

Et la pression diastolique ?

La diastolique, c’est l’inverse : elle mesure la pression dans les artères quand le cœur se relâche entre deux battements. Le muscle se remplit de sang, les artères « soufflent » un peu. La valeur normale tourne autour de 80 mmHg.

Une tension diastolique élevée (au-dessus de 90 mmHg) traduit souvent une résistance excessive dans les petites artères. Concrètement, ça signifie que même au repos, la pression dans le réseau sanguin reste trop forte. C’est un signal à ne pas ignorer, surtout avant 50 ans.

Le tableau des valeurs de référence

Les seuils ci-dessous sont ceux de la Société Européenne d’Hypertension (ESH) et de la Société Européenne de Cardiologie (ESC), guidelines 2023. On les utilise pour classer la tension artérielle par âge et orienter le suivi.

CatégorieSystolique (mmHg)Diastolique (mmHg)
Optimale< 120< 80
Normale120 , 12980 , 84
Normale haute130 , 13985 , 89
Hypertension grade 1140 , 15990 , 99
Hypertension grade 2160 , 179100 , 109
Hypertension grade 3≥ 180≥ 110

Un point important : il suffit que l’un des deux chiffres dépasse le seuil pour que la catégorie « monte ». Quelqu’un à 155/82 est en hypertension grade 1, même si sa diastolique est normale.

Tension diastolique élevée isolée

On observe parfois une diastolique au-dessus de 90 mmHg alors que la systolique reste sous les 140. C’est ce qu’on appelle l’hypertension diastolique isolée. Plus fréquente chez les adultes jeunes (30-50 ans), elle peut passer inaperçue parce que le chiffre du haut « rassure ».

Les causes habituelles :

  • Surpoids et sédentarité
  • Consommation excessive de sel ou d’alcool
  • Stress chronique
  • Apnée du sommeil

Même si cette forme d’hypertension est parfois considérée comme moins grave, elle augmente le risque cardiovasculaire à long terme. Un suivi régulier avec un tensiomètre à domicile permet de la repérer tôt.

Systolique élevée isolée : fréquent après 60 ans

Le schéma inverse existe aussi. Après 60 ans, les artères perdent en élasticité (on parle de rigidité artérielle). Résultat : la systolique grimpe tandis que la diastolique reste stable, voire baisse. Une tension à 160/70, par exemple, c’est typique de l’hypertension systolique isolée du senior.

Ce n’est pas anodin. La Haute Autorité de Santé (HAS) considère que le risque d’AVC et d’insuffisance cardiaque augmente significativement quand la systolique dépasse 150 mmHg de façon chronique, même avec une diastolique basse. Soyons clairs : le chiffre du haut compte davantage avec l’âge.

La pression pulsée : l’écart entre les deux

On en parle moins, mais la différence entre systolique et diastolique a un nom : la pression pulsée (ou pression différentielle). Elle se calcule simplement. Pour une tension de 130/80 : 130 – 80 = 50 mmHg.

Un écart normal se situe entre 40 et 60 mmHg. Au-delà de 65 mmHg, la pression pulsée devient un marqueur indépendant de risque cardiovasculaire, notamment chez les plus de 55 ans. C’est un indicateur que les cardiologues surveillent de plus en plus, même si votre tensiomètre ne l’affiche pas directement.

Comment lire ces chiffres sur un tensiomètre

La plupart des tensiomètres affichent trois valeurs : SYS (systolique, en haut), DIA (diastolique, en bas) et le pouls. Certains modèles ajoutent un code couleur selon les seuils de l’OMS (vert, jaune, orange, rouge), ce qui aide à situer son résultat d’un coup d’oeil.

Pour que ces chiffres soient fiables, encore faut-il prendre sa tension correctement : au calme, assis depuis 5 minutes, brassard bien positionné. La HAS recommande la règle des 3 (trois mesures matin et soir, pendant trois jours). On a détaillé tout ça dans notre guide comment lire un tensiomètre.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Consultez votre médecin pour tout diagnostic ou traitement.

Restez informé

Recevez nos derniers tests, comparatifs et bons plans, sans spam.