Comment faire baisser la fièvre
Comment faire baisser la fièvre : médicaments et méthodes naturelles
La fièvre monte, les courbatures s’installent, et la première question qui vient c’est : « Comment je fais baisser ça ? » Bonne nouvelle, dans la grande majorité des cas, on peut gérer une fièvre à la maison avec quelques gestes simples et, si besoin, un antipyrétique adapté.
- Le paracétamol reste l’antipyrétique de première intention (1 g toutes les 6 h, max 3 g/jour chez l’adulte)
- Se découvrir, boire régulièrement et aérer la pièce à 19-20 °C sont les gestes de base
- Le bain froid est contre-productif : il provoque des frissons qui font remonter la température
- Une fièvre modérée (38-38,5 °C) bien tolérée ne nécessite pas forcément de traitement
- Consulter si la fièvre dépasse 40 °C ou persiste plus de 72 heures
On passe en revue les options qui marchent, celles qui ne marchent pas, et les erreurs à éviter.
Les antipyrétiques : lequel choisir
Trois molécules sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Elles ne sont pas interchangeables, et chacune a ses particularités.
| Molécule | Posologie adulte | Intervalle | Dose max/jour | Contre-indications principales |
|---|---|---|---|---|
| Paracétamol | 500 mg à 1 g | Toutes les 6 h | 3 g (4 g sur avis médical) | Insuffisance hépatique, allergie |
| Ibuprofène | 200 à 400 mg | Toutes les 6-8 h | 1 200 mg | Ulcère gastrique, grossesse (3e trim.), insuffisance rénale, varicelle |
| Aspirine | 500 mg à 1 g | Toutes les 4-6 h | 3 g | Allergie, troubles de la coagulation, grossesse, enfants < 16 ans |
Le paracétamol est le premier choix en France. La HAS le recommande en première intention, et c’est aussi l’antipyrétique le mieux toléré. L’ibuprofène fonctionne bien mais comporte plus de risques gastro-intestinaux, et il est formellement déconseillé en cas de suspicion de varicelle ou de certaines infections bactériennes. L’aspirine, on l’utilise de moins en moins pour la fièvre.
Un point souvent mal compris : on ne mélange pas paracétamol et ibuprofène « pour que ça marche mieux ». L’alternance des deux n’est plus recommandée par la HAS sauf avis médical.
Méthodes non médicamenteuses
Avant de sortir la boîte de Doliprane, quelques gestes simples peuvent déjà aider :
- Boire régulièrement, par petites quantités : eau, bouillon, tisanes. La fièvre déshydrate. Un adulte fébrile peut perdre jusqu’à 500 ml d’eau supplémentaire par jour par la transpiration.
- Se découvrir : retirez les couches de vêtements superflues, gardez un t-shirt léger. Le corps a besoin d’évacuer la chaleur.
- Aérer la pièce et maintenir une température ambiante autour de 19-20 °C.
- Appliquer un linge tiède (pas froid) sur le front ou les poignets. Le tiède suffit.
- Se reposer. Le corps se bat contre une infection, il a besoin d’énergie.
Ces gestes ne font pas de miracles sur le thermomètre. On perd peut-être 0,3 à 0,5 °C, pas plus. Mais combinés au paracétamol, ils améliorent nettement le confort.
Ce qu’il ne faut PAS faire
Certains réflexes populaires sont contre-productifs. On les voit encore souvent, et c’est dommage.
Le bain froid (ou même frais) : mauvaise idée. Le choc thermique provoque des frissons, et les frissons font remonter la température corporelle. Si vous voulez un bain, faites-le tiède, 2 °C en dessous de la température du corps. Mais franchement, un linge humide sur le front fait le même effet sans l’inconfort.
Empiler les couvertures « pour transpirer et éliminer » : non. On transpire parce que le corps essaie de refroidir, pas l’inverse. Rajouter des couvertures empêche l’évacuation de la chaleur et fait monter la fièvre.
Prendre un ibuprofène parce que « le paracétamol ne marche pas assez vite » : patience. Le paracétamol met 30 à 60 minutes à agir. Si au bout d’une heure la fièvre n’a pas bougé, on peut envisager autre chose, mais pas avant.
Faut-il toujours faire baisser la fièvre ?
Pas forcément. La fièvre est un mécanisme de défense. À 38,5 °C, les virus se multiplient moins vite. Faire baisser artificiellement une fièvre modérée (38-38,5 °C) chez un adulte qui la supporte bien n’est pas obligatoire. C’est une question de confort.
En revanche, au-delà de 39 °C ou si la fièvre est mal tolérée (frissons intenses, maux de tête, impossibilité de dormir), le paracétamol est justifié. Et au-delà de 40 °C, on traite systématiquement.
Quand les méthodes maison ne suffisent plus
Si malgré le paracétamol et les mesures de confort la fièvre dépasse 40 °C ou persiste plus de 72 heures, consultez. Il en va de même si d’autres symptômes apparaissent : confusion, éruption cutanée, difficultés respiratoires, raideur de nuque. On en parle en détail dans notre page sur la fièvre.
Un bon thermomètre à la maison, c’est le point de départ. Trois mesures par jour permettent de suivre l’évolution et de savoir si la situation s’améliore ou se dégrade.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Consultez votre médecin ou votre pharmacien avant de prendre tout médicament.
Sources : Haute Autorité de Santé (HAS), Vidal, ANSM (recommandations sur l’usage des antipyrétiques).